Nombre de la lumière, Jacques André éditeur, 2008
Soleil première
Tu es Celui
qui frappe à ma porte chaque nuit
Je me réveille en sursaut, cœur battant chamade
Tu m’appelles
la toute vibrante
Soleil première
Saba de tous les sabbats
devant moi tu te dresses
oses m’appeler la Matricielle
Des baisers de sa bouche je nais meurs et renais
Le fruit le fruit nous le mangeons
cultivé ramassé
Haletants
la nuit la plus longue
la sapience et l’illumination
Ta main gauche sous ma tête
ton bras droit m’étreint
Babel et Babylone
tout à la fois je harangue
et révère
Ne suis-je pas ta langue
ta couronne et ton œil
Toi le seul à régner sur
mes nuits
le seul à aimer ma folie
Tu me dis que mes jubilations
plus que t’enivrer t’enseignent
La nuit la plus longue et la plus douce
les eaux du levant ne l’éteignent
les tâches du jour ne la submergent … |